ORTHO & ADO

L’orthophonie ne s’arrête pas aux portes du collège : les adolescents représentent une part non négligeable des consultations, et certains professionnels enregistrent même une demande croissance de prises en soins des jeunes collégiens et lycéens. 

Quelles pathologies chez les adolescents ? 

A l’origine d’une demande, 3 raisons sont recensées : 

– n’ayant jamais été dépisté ou diagnostiqué, l’adolescent se retrouve en échec scolaire ; le passage en 6ème ou le brevet des collèges sert souvent de catalyseur à une prise de conscience des parents et des enseignants. Les différents bilans réalisés mettent alors en lumière des séquelles de retard de parole et/ou de langage, des difficultés de compréhension, des troubles de la cognition logico-mathématique ou encore une dyslexie-dysorthographie ; 

– l’adolescent a été suivi très tôt en orthophonie, et soit il y a continuité des soins, soit il revient vers l’orthophoniste après quelques années de « pause », parce qu’il se sent de nouveau en difficulté face à des exigences scolaires qui se sont intensifiées et complexifiées : c’est le cas pour les troubles des apprentissages, pour les troubles structurels du langage (appelés dysphasies), les déficiences auditives ou encore certaines formes d’autisme ; 

– la pathologie est nouvelle : choc émotionnel entraînant un bégaiement, AVC, traumatisme crânien (après un accident de la voie publique notamment) et autres troubles neurologiques (épilepsie réfractaire, encéphalite, méningite…) 

Les obstacles à la prise en charge 

Le principal obstacle à une prise en soins chez l’adolescent réside certainement dans la motivation. A une période où il est confronté à des moments-clés – entrée au collège ou au lycée, choix d’orientation, examens de fin de cycle – il est psychologiquement en décalage, en proie au doute, à l’anxiété, au stress, à la peur de l’avenir. Les arguments parentaux pour justifier des séances d’orthophonie ne suffisent plus, et il n’est pas rare de le voir avachi sur le bureau, répondant « du bout des lèvres » aux sollicitations. Sur le plan métabolique, son cerveau, pourtant doté d’un fort potentiel cognitif, est en pleine conversion, et n’a pas encore atteint sa maturité émotionnelle. Ces changements hormonaux jouent un rôle fondamental dans l’instabilité de son comportement et perturbent son travail intellectuel et ses dispositions relationnelles. 

Spécificités de la prise en charge chez l’adolescent 

Il convient alors pour l’orthophoniste, d’échanger avec le patient et sa famille sur ces changements, et des moyens d’en atténuer les répercussions négatives : qualité du sommeil, alimentation équilibrée, pratique sportive… 

Concernant la prise en charge, établir des contrats à court terme permettra de fixer des objectifs plus faciles à atteindre, donc plus valorisants et gratifiants pour l’image de soi. Le thérapeute devra également faire en sorte que son patient se sente acteur de ses séances, par exemple en auto-évaluant ses savoirs, ses compétences et sa progression. Enfin, l’orthophoniste veillera à ce que l’adolescent se sente encadré mais pas contraint, poussé mais pas forcé, aidé mais pas assisté… bref, il faudra trouver le savant dosage entre confiance, responsabilisation et patience.